le blog du docteur Nicolas Bouvier

02 avril 2017

Une discipline oubliée : l'embryologie

Qui connait le nom de Herbert Tuchmann - Duplessis ? Pourtant ce professeur de médecine né en 1911 et disparu en 2001, reste un éminent savant et surtout un des piliers du savoir de la médecine française, dans la mesure où, c'est grâce à ses travaux que des milliers de médecins ont pu se former à une discipline fondamentale : l'embryologie.

Pourquoi l'est elle autant ? L'embryologie est l'étude de l'embryon et du fœtus. Cette science immense précède toutes les autres, en ce qui concerne la science médicale. En effet, si l'on ne connait pas ce qui fait un être humain au cours de la grossesse, l'agencement très complexe des cellules et des tissus au cours de cette période de 9 mois, qui paraît courte mais qui à l'échelle des cellules microscopiques est longue, il est impossible de percevoir, une fois le patient, adulte, ce qui peut expliquer les pathologies qu'il connait.

L'embryologie est une discipline exigeante. En effet, pour de multiples raisons éthiques, il fut pour les médecins très difficile de savoir ce qu'il en était de l'embryon et de son développement durant cette période. Puis, avec le développement de la lutte contre l'infertilité, ainsi que celui des techniques de l'imagerie, il a été possible de mieux percevoir, comment, au cours des mois de grossesse, les organes de l'enfant à naitre se développaient. Cette connaissance a permis non seulement de mieux apprécier les risques médicaux à la naissance, mais aussi de mieux anticiper les pathologies pouvant se dévelpper au cours de l'enfance, de l'adolescence et à l'age adulte.

L'extension des progrès sur les maladies orphelines et génétiques a également contribué à cette dynamique positive.

Actuellement, de nouvelles avancées se font jour. On peut s'en convaincre aisément au vue du récent article publié dans la revue Cell par l'équipe Inserm de Alain Chédotal et Paolo Giacobini sur les techniques d'exploration par biomarqueurs du fœtus. Ce site : 

https://transparent-human-embryo.com/ en résume les époustouflants travaux,

Or, l'embryologie n'est pas forcément enseignée avec une passion débordante dans les facultés et suffisamment valorisée en terme de quotas horaires auprès des étudiants. De même, une fois la première année passée, les étudiants en médecine n'en entendent plus parler, ce qui est profondément regrettable. Cette discipline n'est pas connectée suffisamment dans les enseignements, à la génétique, à l'anatomie, à la chirurgie, à la neurologie, à la pédiatrie, alors qu'elle est en réalité, intimement liée avec ce qui peut y être observée et pratiquée.

Plus que jamais, elle doit être développée, encouragée, diffusée, enseignée, promue, comme étant la première des grandes disciplines médicales fondamentales, au moins autant que l'anatomie.

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10 mars 2017

Hydratation et grand âge

Il est tres important de ne pas perdre de vue que l’eau c’est la vie et ce particulièrement chez la personne âgée. 
Il se trouve que le vieillissement est malheureusement associé, et trop souvent, avec des troubles bucco dentaires, une perte du gout, une sécheresse de bouche, des troubles de la déglutition, une faiblesse musculaire associée à une dépendance, une perte de la sensation de soif. 
Or les sujets âgés connaissent une réduction de la masse d’eau corporelle. Ainsi à 30 ans, l’eau corporelle représente 41 litres contre 35 litres à 70 ans. Cette perte progressive n’est pas à négliger. De plus, l’évolution de la physiologie du sujet âgé, amène à l’observation d’une fuite progressive et continue d’eau favorisée par une baisse du pouvoir de concentration des urines. 
La survenue d’une infection va accentuer ces pertes d’eau. En outre, paradoxalement, les personnes âgées qui suivent, d’une façon parfois excessive les conseils de réhydratation de leur proche, peuvent être confrontées à un phénomène de dilution lié à un apport trop rapide et trop excessif d’eau. Il en découle alors, un risque de surcharge cardiaque et d’hémodilution. 

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Face à des troubles comme une fièvre, une anorexie, une maladie de Parkinson, un diabète, des diarrhées, des troubles de la déglutition, du transit, un traitement en diurétiques ou en laxatifs mal indiqué, il convient d’être extrêmement attentif à un risque de déshydratation. 
Bien sur on sera alerté par une sécheresse des muqueuses, mais il ne faudra pas attendre semblable manifestations symptomatiques pour sonner l’alarme. En effet, un simple changement de comportement doit alerter et faire évoquer cette cause pour faire expliquer les troubles présentés par une personne âgée. Une chute est également un signe d’alerte. 
Pour prévenir la déshydratation et améliorer l’état hydrique des seniors, il sera conseillé de promouvoir une véritable éducation à l’hydratation que ce soit au domicile ou en institution. Elle reposera aussi sur la promotion du ‘’ boire sans soif ‘’ par petites quantités et souvent. Bien évidemment, en cas de fortes chaleurs, les apports seront augmentés. De même, il faudra veiller à surveiller les traitements suivis c’est-à-dire éventuellement diminuer la dose de médicaments susceptibles de  favoriser l’élimination d’eau au niveau urinaire. 
 

01 mars 2017

On est de sortie

La pratique des sports de plein air s’est largement répandue en France au cours des dernières années. Ces activités nécessitent un matériel adapté mais aussi requièrent une bonne condition physique pour pouvoir en profiter pleinement. 

Les loisirs de plein air sont pratiqués avec ferveur par de nombreux sportifs femmes et hommes dont le degré d’entrainement est variable. Parmi ces loisirs, on recense des activités bien connues et dont les traditions sont ancrées depuis des longtemps. Il s’agit de la pêche, de la chasse, de la randonnée, de la marche. Les sports comme le vélo, le golf, le canoë kayak, le ski nautique, la planche à voile, se pratiquent également à l’extérieur. Ils permettent de découvrir la nature, d’en apprécier les beautés et de pouvoir s’y plonger avec plus ou moins de proximité.

Certains sports comme le triathlon, le trail, sont désormais à la mode. Ils permettent de découvrir de magnifiques paysages tout en accomplissant des performances sportives, parfois de grande intensité. Souvent considérés comme des activités physiques de peu de difficultés car n’étant pas forcément associé à des challenges de forte intensité entre les participants, les sports de plein air requièrent une bonne condition physique. En effet, la plupart sollicitent l’ensemble des articulations tout en puisant dans les ressources cardio-vasculaires. De plus, le fait qu’ils soient effectués en plein air induit une tendance à une prolongation des efforts durant de nombreuses heures.

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Cette nécessité de l’endurance rattachée à des activités physiques de plein air impose avant qu’elles soient pratiquées, une visite médicale qui appréciera aussi bien la souplesse articulaire que le tonus musculaire et les capacités cardiologiques du patient. Une fois ces évaluations accomplies, le statut vaccinal sera vérifié (en s’assurant bien que la vaccination contre le tétanos est à jour) et les antécédents médicaux et chirurgicaux vérifiés pour éliminer toute contre indication. Parfois pratiqués en équipe, ces sports de plein air, nécessitent toujours de la tempérance.

Il s’agit toujours de garder au sport son aspect ludique et sa dimension de détente. La mise en place systématique d’un esprit de compétition peut renforcer le stress. En effet, bien souvent avant un accident survenant au cours d’une escapade ou d’une compétition sportive, la personne qui en est victime a déjà accumulé une tension certaine tout au long de son parcours professionnel ou personnel durant la semaine qui précède. Il est donc bon d’être prudent avant de vouloir se livrer à des exploits hors du commun surtout lorsqu’une forte fatigue a été en réalité accumulée antérieurement. 

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